Mis en avant

Pavel, le réfugié politique Cubain

– By Nour KHALFAT –

Un immeuble d’une centaine de Sud-Américains a été vidé par les CRS, il y a une dizaine de jours à Saint-Ouen. Le premier jour Louiza, une photographe engagée, toujours sur le terrain et aux fronts. Elle nous sollicite en urgence pour les aider…Nous arrivons le soir même à proximité de la mairie de Saint-Ouen, le coffre plein de produits d’hygiène. mon cousin et moi ne trouvons pas le lieu, nous cherchons, nous demandons aux passants…rien. J’appelle Louiza…personne. Je gare la voiture…inquiet. Nous allons repérer les lieux, nous marchons du coté du Mc Donald…rien. Je demande au groupe de jeunes virevoltant se vannant…rien.

Nous traversons la place…et là: Nous apercevons un groupe de personnes dans une sorte de camps, un matelas, un début de truc qui ressemble à un barnum, un chariot de carrefour Market rempli de bric à broc, plus tard j’apprendrai que ce sont les seules affaires qu’ils ont pu récupérer pendant l’évacuation musclée des CRS. L’ambiance est tendue, les visages sont fatigués et tirés, les oreilles collées au téléphone…il y a urgences.

Je ne me déplace jamais sans mon appareil, mon Canon Mark IV et mon 40/70. Cette petite boîte attise les curiosités et souvent les méfiances. La prudence s’impose… J’ai l’habitude. J’envoie des signaux amicaux, je salue et je sers les mains, je me présente, je cherche mon amie… Il est 21H la nuit commence à tomber, il fait bon pendant ce mois d’août 2019. “ Mais où vont-ils dormir.”…”…mais où est Louiza?…”

Le D.A.L est présent, des citoyens engagés de la ville vont et viennent, – les choses s’organisent – le barnum se monte, des matelas sont posés à même le sol….une vision “chaotique”… mais bon. “Je sors mon appareil? Je shoote? C’est pas bien? C’est du voyeurisme? Ils ne vont pas apprécier, c’est certain… Je donne mes produits? Mais à qui? mais comment?”

J’essaye de repérer et de prendre contact avec ceux qui ont l’air de prendre les choses en main, les leaders, certainement. Je sens une méfiance, je viens de comprendre qu’ils me prenaient pour un policier, le comble!

Et puis…je découvre un homme costaud, souriant, allongé sur un matelas à rire avec son copain. C’est “Pavel”, “une tuerie”. Un beau cubain de 53 ans, père de famille, réfugié politique. Un homme qui a la “banane”, il prend des cours de français dans une association Abajad Asso et parle avec un français à “couper des pastèques”… Nous échangeons en espagnol, anglais, “français pastèque”… Une histoire de vie incroyable.

Il a résisté au régime de Castro, avec quelques passages en prison. Il me montre fièrement ses photos de sa femme, ses enfants et de ses manifestations interdites. Il a fui au Surinam pendant 2 ans, avant de rejoindre la Guyane Française. Il est arrivé il y a 4 mois à Paris par avion. Il travaille, il a un statut de réfugié politique et pourtant… Il s’est bien fait expulsé manu militari de son logement temporaire sans le droit d’emporter la moindre affaire……deux ou trois caddies ont été sauvé.

l a eu le temps de visiter la Tour Eiffel, pris le Bateau Mouche et déambulé sur les Champs-Elysées: Il a fait son touriste. Sa femme et ses enfants lui manquent beaucoup. Il est fier d’être en France, il vante la France, il remercie la France… Il n’a plus rien mais il est toujours heureux “Que s’est-il bien passé à Cuba?”

Que dire de Philippe, un engagé de la première heure. Il me repère à me faire repousser, bousculer ici et là. Il vient spontanément à ma rencontre, il se propose de me présenter sa femme Cubaine et un couple de réfugiés avec leur grand enfant. Nous nous improvisons un coin au calme, je vais pouvoir les interviewer, les écouter les filmer et conter leurs histoires. Sous le regard bienveillant de Madame qui me traduit en français nos échanges. ” Mais où est donc Louiza?”

A comme Avril, A comme Agir

– By Cathy BOU –

Voilà c’est dit, agir, A.G.I.R; il est temps d’agir ! mais comment ?

Chez Humanity France, cette récente ONG qui a une autre vision de l’humanitaire, nous te proposons de venir nous rejoindre pour AGIR. Ah désolée dés qu’il s’agit d’agir je crie, Prends ton téléphone, tape www.onghumanityfrance.fr ou clique ici 

puis tu vas dans l’onglet “devenir bénévole” et tu t’inscris pour agir : #MaraudingPack, #ShopPack, #CleanChallenge, #FoodPack… bref tout est possible, bientôt tu pourras parrainer un enfant près de chez toi et tes désirs peuvent devenir réalité, tu veux devenir bénévole dans les fonctions support c’est ici aussi.

Tu vois agir avec Humanity France c’est simple et bon, d’ailleurs nos projets de slogans te disent tout

Tu peux offrir du respect 

Tu peux offrir de la dignité 

Tu peux offrir une écoute 

Tu peux retrouver et offrir ton humanité 

et tout ça !!! sans ouvrir ton porte monnaie !!!

viens chez Humanity France

Tu aimes lire, regarder des photos, t’imprégner et être inspiré alors, vas te balader sur le site surtout en haut à droite “nos mots”.  Tu me connais déjà, j’ai déjà jeté quelques mots par ci et par là.

Ah ok je vois ! tu manques de temps et tu voudrais participer financièrement à notre association, et bien c’est simple garde ton téléphone, si t’es courageux.se : clique ici ou inscris vite dans la barre de navigation hello asso ong humanity france, voilà attention tu as tapé trop vite regarde bien tu as mis trois l à hello…et humanity tu me l’as écrit “humanité” tu me diras, c’est pareil, oui mais pas tout à fait, nous nous y tenons, à humanity, demain matin quand tu agiras près de nous tu comprendras le pourquoi de ce ty (chut c’est un secret il rime avec Cathy et Bty).

Bon ça y est, tu vois la page hello asso sur humanity france tu cliques et tu remplis les cases et tu renseignes précieusement la case adhésion ou don comme tu veux de 1 à 1 million d’euros, pense au don pour hello asso un petit coup de pouce pour eux c’est bien aussi, ils sont top. clique ici

Tu as eu peur ! le formulaire est trop long, je te propose celui ci !

Voilà agir chez Humanity France, c’est simple et c’est bon comme la fraise sur le cul d’un cheval qui fait tagada tagada…tagada.

M comme Mars, M comme Maison

By Nour KHALFAT

1984 – Les anciennes carrières de Romainville. Autre circuit, autre challenge : le Fort Interdit », un espace vierge où la nature reprend tous ses droits. Lieu de tous les fantasmes et des pires légendes urbaines. Un territoire sauvage où règnent en maître, des braconniers à la recherche de leurs proies et des oiseaux rares en perdition, les fugitifs. 

Notre jungle, c’est notre mission.

Le corps encore meurtri et marqué par nos précédents périples, nous entrons en zone interdite. Armés de ciseaux sortis de nos trousses de CE2  et de règles collées à une équerre niveau CM1, nous “machettons” la brousse. Un grillage, des détritus et de hautes herbes folles ne nous résistent pas. En ligne droite, en rang de bataille, nous avançons telle une armée de mikado chocolat au lait. Négligeant nos barres Twix HLM de Gagarine, avec les copains : Djamel, Christophe, Roger, Mourad, Stéphane, Olivier, et moi même, nous chassons durant des heures le terrain idéal pour y construire notre cabane. Un canapé éventré, une chaise de bureau défoncée encore sur une roue, une table basse à se fracasser le dos, un vieux pneu bien confortable et des vieilleries dénichées ici et là, illumineront notre salon “Keskia”. Une plaque électrique posée sur un carton de légumes et voilà notre cuisine équipée. Un cadre de fenêtre sans verre en guise de véranda ouvre la vue sur le salon de jardin, une simple banquette arrière de la vieille Renault Cinq décharnée, les ressorts à l’air. Tout est noir et blanc dans la cité, mais nous, on voit la vie en arc-en-ciel. 

Notre cabane, c’est notre maison.

Un matin d’été, nous nous étions tous donnés rendez-vous au bac à sable pour faire notre tournoi de billes. L’occasion rêvée de bomber le torse et faire les coqs déplumés, autour de nos billes pour montrer notre agilité “doigtale”. Hassan, notre Pininfarina, croque nos circuits aux formes curvilignes, dessine des virages serrés pour affûter nos trajectoires. Il trace de longues lignes droites pour permettre à nos bolides virevoltants de déchirer l’asphalte. Il crée des obstacles avec un rien comme Géotrouvetout: un bout de bois en guise de mur infranchissable, un sac de toile troué comme piège mortel, un fourreau en plastique comme long tunnel… 

Nos billes, c’est notre raison.

2019 – A une heure de Cox’s Bazar, le Deauville du Bangladesh, se trouve Kutupalong, un des plus grands camps de réfugiés à ciel ouvert au monde. Ce village de cabanes rafistolées de bambous, de tôle et de toile se love sur une région vallonnée souvent inondée. Il a éventré la jungle en deux mois, maintenant s’y amasse un million de Rohingyas fuyant les exactions des militaires birmans – 

Ce n’est pas une armée de mikado.

La silhouette assise à même le sol se livre dans la faible lueur de la sombre cabane de 10m2. Huit adultes et six enfants s’y entassent religieusement. Je suis assis en retrait, je filme. La mère aux pieds nus, tatouée, fièrement vêtue d’une robe traditionnelle bariolée, debite sa vie d’antan, son quotidien, sa fuite, son périple, son arrivée et sa vie dans le camp…petit à petit, la voix de notre interprète est moins assurée, elle tremble. L’émotion nous submerge, nos corps se crispent au rythme de son récit. Un silence assourdissant envahit la pièce. Il est déchiré par les pleurs du bébé allongé dans son couffin suspendu bercé par la gamine. A côté, la grand-mère asséchée aux yeux rougis a le verbe sybillin. Du linge aux couleurs chatoyantes décorent la pièce.

Sa maison a été détruite. Son mari a été battu à mort par les militaires. Ses deux frères et trois de ses cinq enfants ont été brûlés par les moines bouddhistes. Avant de pouvoir fuir, elle a été violée dans son village et a mis au monde cet enfant dans le camp.

Je vacille, je perds pied, j’interromps les confidences. Je tombe la caméra, je me lève, je titube jusqu’au jardin. La main posée sur le tronc du premier arbre, je cherche avidement l’air, la lumière. Mes yeux absorbent enfin le soleil, la lumière me fouette, l’air me calme et je reviens de ce cauchemar. Les pieds de tomates rouge vif et les salades vert éclatant jouxtent le canal, irriguant les petits jardins. Ce tableau de couleurs contraste avec la couleur du sol, une terre marron, visqueuse et pétrie par les pluies de la mousson. Le calme intérieur a repris son droit, le silence est rythmé par le Muezzin.

C’est coloré mais c’est une prison.

Je m’abandonne sur une banquette de bus admirant le camp s’étendre à perte de vue. Le ciel bleu baigné d’une légère brise vient adoucir la chaleur suffocante. Mes paupières se ferment. Des cris, des rires, et je découvre surpris des enfants joueurs. Certains courent derrière une jante rouillée un bâton à la main, d’autres se vautrent dans un bac à terre pour un tournoi de billes. 

Leur maison, c’est leur cabane; leur raison, ce sont leurs billes.

M comme Mars M comme Mue

By Cathy Bou

Le mois dernier Sabrina nous parlait du homard. Elle m’a beaucoup inspirée tant par la métaphore que par son style d’écriture.

Dans un autre registre, je voudrais aborder la renaissance par la mue. Une renaissance peut être une torture. La vie du monde animalier m’intéresse pour ses belles et cruelles images.

La perspicacité et l’acuité de l’aigle me fascinent.

Un jour sans le savoir quelqu’un a partagé une légende indienne sur les réseaux sociaux, elle m’a profondément marquée, aussi je vous la partage à mon tour.

« L’aigle vit jusqu’à 70 ans. Mais pour que cela se produise, vers la quarantaine, il doit prendre une décision difficile. À cet âge, ses griffes sont longues et flexibles, elles ne peuvent plus saisir la proie dont il se nourrit. Son bec, allongé et pointu, se courbe. Les ailes, vieillies et alourdies par de très grosses plumes, pointent contre la poitrine. Voler est maintenant difficile. 

L’aigle n’a que deux alternatives : se laisser mourir ou faire face à un douloureux processus de renouvellement d’une durée de 150 jours. 

Il s’envole ensuite au sommet d’une montagne, se retire dans un nid inaccessible, appuyé contre une paroi rocheuse, un endroit d’où il pourra revenir en volant et en toute sécurité. Une fois trouvé cet endroit, l’aigle commence à claquer son bec contre la paroi jusqu’à ce qu’il se détache, affrontant courageusement la douleur de cette opération. 

Après quelques semaines, un nouveau bec repousse. 

Avec cela et quelle que soit la douleur, il déchire les vieilles griffes. Lorsque les nouvelles repoussent, avec celles-ci et le bec, il arrache toutes ses plumes, une à une. 

Lorsque les plumes renaîtront, l’aigle se lancera avec confiance vers le renouveau et commencera à vivre encore 30 ans. 

La légende de L’Aquila a de nombreux liens avec notre vie. Nous aussi, très souvent, nous devons faire face à des décisions difficiles mais nécessaires qui nous guident vers le besoin de faire un processus de renaissance. Relever des défis et des changements n’est pas une tâche facile. 

La transition d’un état à l’autre est rarement sans effort et parfois très douloureuse. Mais sans ce changement, nous ne pourrions pas grandir et devenir ce que nous avons l’intention d’être. » 

Ici, au petit matin, sous une tente, assise en tailleur sur son coussin de fortune, la main se tend, tremblante vers ce breuvage chaud. Un thé ou un café, du sucre ? Suave, il s’écoule dans son corps laissant quelques instants le bonheur de saliver envahir son cœur figé.

Cette joie furtive s’évapore en un battement de géhenne.

Ailleurs, dans une demeure chic, une femme, face à l’indicible, s’installait sur son coussin de méditation. Les mains tremblantes sur les genoux, elle rêvait d’un thé bien chaud. D’un coup elle laissa s’échapper, amère, ses larmes de douleur.

Cette souffrance lancinante explosait de bonne heure.

Ici, sous cette tente, Nicole connaît la cruauté de la rue, la pisse piquante, le froid cuisant, la solitude mordante.

Ailleurs, dans cette demeure, Nicole connaissait la cruauté de la vie, la mort sournoise, l’espoir fatigué, la solitude mordante.

Ces deux femmes ne sont qu’une, à deux époques différentes de sa vie. 

Espérons qu’un jour la mue lui offre un vent de plénitude. 

Aussi difficile soit la période que vous traversez, plongez profondément dans la souffrance, comme l’aigle, criez, pleurez, hurlez, saignez de toutes vos larmes. Vivez ce changement et découvrez cette nouvelle liberté qui s’offre à vous.

La renaissance est là. Tout est une question de temps.

Je dédie ce texte à toutes celles et ceux qui souffrent aujourd’hui et maintenant dans leur esprit, leur cœur et leur corps.

Spéciale dédicace pour Koulandjan.

F comme Février, F comme Face aux épreuves

By Sabrina Meghaoui

Nous partions très tôt le matin. Nous sentions la terre encore humide par la rosée. La fraîcheur des premières heures me faisait frissonner qui aussitôt s’en allait quand il me frictionnait.

Je me souviens de ce silence au-dessus du village, le silence des gens qui dorment encore. Le bruit de nos chaussures résonnait sur les sentiers et le chant des oiseaux réveillait doucement la nature.

Tous les étés avec mon père, nous partions à l’aurore. Je m’installais dans le creux de ses bras chauds, et tout bas il me disait:

  • Regarde bien, c’est le résumé de la vie !

Les nuages roses orangés se mêlaient les uns aux autres, s’épousaient? et doucement s’étirait le soleil au-dessus des montagnes de Djurdjura.

Face aux épreuves que nous ne pouvons empêcher parfois, c’était là, la réponse de mon père:

  • Ca ira, demain le soleil se lèvera.

Esprits condamnés aux soucis, il cherchait l’opposé à tirer des épreuves vécues.

Nous sommes aujourd’hui mondialement plongés dans une crise multiforme.

Nous écrivons une page de l’histoire.

La vie en temps de pandémie, la crise économique et sociale, énergétique, alimentaire, écologique, la crise salariale… et bla et bla et bla

Plutôt déprimant dit comme cela non ?! 

Forcée de constater que beaucoup vivent très mal ces temps modernes, j’ai envie de vous dire que ce n’est pas grave, c’est juste que nous avons oublié, que demain le soleil se lèvera.

Notre existence est bien réglée, bien ordonnée, chacun d’entre nous est à sa place et même si nous ne sommes pas toujours satisfaits par nos vies, la routine se veut familière, rassurante.

C’est vrai, oser c’est suivre une intuition plutôt qu’une conviction. C’est de se mettre en danger et peu d’entre nous sommes capables de payer ce prix, pourtant pour ceux qui acceptent, les possibilités sont étonnantes, elles peuvent changer l’ordre des choses, défier l’impossible, apporter le progrès.

Pourquoi l’humanité suit passivement ce qu’il se passe ?

Pourquoi ne croit-elle plus en son pouvoir individuel pour améliorer le collectif ?

Pourquoi manque t-elle cruellement d’imagination et d’audace ?

Pourquoi a-t-elle peur de grandir ? 

A t-elle oublié à ce point ? Ne connaît-elle plus les exacts opposés qui permettent au monde de fonctionner : comment connaître le mal sans le bien, le chaud sans le froid, le haut sans le bas, ici sans là-bas, maintenant sans jadis, il nous faut traverser des épreuves, cette épreuve !

Victor Hugo disait : “jeune gens ayons bon courage, si rude qu’on nous veuille faire le présent, l’avenir sera beau ”

Il m’arrive à moi aussi parfois de perdre espoir, face aux interrogations de mon fils :

  • Maman, comment ce sera demain ?

J’ai envie de lui répondre que demain le monde sera comme il le voudra.

Pourtant, je sais qu’il sera déçu, qu’on lui mentira pendant qu’il croit l’être humain sincère.

Que parfois il sera l’accusé à la place du coupable, parce que la faiblesse et la peur des uns font la tristesse des justes, que sa gentillesse sera piétinée par les mals aimés et que son bon sens sera pointé du doigt et moqué par des ignares trop diplômés. Que les dirigeants de ce monde arrivent toujours à faire ce qu’ils veulent finalement.

  • Maman, mais alors où sera ma place ?
  • Une chose est sûre, elle sera là où la vie est simple.

Depuis la nuit des temps nous avons réussi à surmonter les épreuves qu’elles émanent de la nature ou de l’homme.

Soyons de ceux qui font le pari d’un nouveau monde, les acteurs pour demain : penseurs, agriculteurs, chercheurs, ingénieurs, bénévoles d’ONG.

Savez vous comment les homards grandissent?

Pas très intéressant me direz vous.

Mais j’y viens.

Dans un documentaire un homme expliquait ceci:

Le homard est un crétacé mou qui vit à l’intérieur d’une carapace rigide.

Cette carapace rigide ne grandit pas, alors comment évolue-t’ il?

Quand il grandit sa carapace devient très emprisonnante.

Il se sent sous pression et se sent inconfortable.

Alors il se cache sous un rocher pour se protéger des prédateurs, puis il se débarrasse de sa carapace pour en créer une nouvelle.

Mais de nouveau, il va se sentir inconfortable car il va continuer de grandir, mais la carapace est toujours petite. Il répète ce procédé plusieurs fois. 

Le stimulus du homard est qu’il doit se sentir confortable.

Il n’endort par son mal être par du divertissement ou des substances chimiques.

Il a besoin de se sentir pleinement inconfortable pour jeter sa carapace et grandir.

N’ayez pas peur de grandir, d’oser et de créer en ces temps de confinement, d’épreuves.

Si vous rencontrez des problèmes, l’association https://onghumanityfrance.fr/ peut vous venir en aide sur le plan alimentaire, recherche d’emploi…

Mais n’oubliez pas, tout ira bien : demain, le soleil se lèvera.

Et puis, si le défi n’était pas d’éviter la mort, mais de rester éveillé pendant que nous sommes vivants.

F comme Février, F comme Faim

– By Nour KHALFAT –

 “Rien n’irrite autant la faim que de voir autrui manger, comme rien n’irrite plus l’homme imbu de lui-même, qui recherche constamment la louange, que de voir un autre homme être loué plus que lui.”

Plutarque

Mon métier est de conseiller les entreprises, les institutions, les hôpitaux pour performer leurs organisations. Je suis en capacité de faire un audit pour poser un diagnostic sur un écosystème “malade” en me basant sur des référentiels internationaux ISO. Après une analyse des données recueillies et de la mesure des écarts, je  préconise des recommandations pour rétablir “l’homéostasie” structurelle. Je restitue toujours mes études dans un rapport de plus de 100 pages avec photos,  feuilles excel, tableaux croisés dynamiques et pléthores de graphiques. Ces travaux sont toujours accompagnés d’une soutenance de plus de 2 heures devant un collège d’experts ou un comité de direction captivé.

Et pourtant,

Je suis un citadin.

Je suis un célibataire endurci.

Je suis un pollueur conscient éhonté.

Je suis un puissant gaspilleur.

Je suis un égoïste des temps modernes. 

Je suis atteint de “Nourrite aiguë” : surconsommation caractérisée par une production de déchets deux fois supérieure à celle de la Chine et de la Kabylifornie réunies.

En effet,

J’ai un loft, surdimensionné.

J’ai une facture d’électricité indécente pour un homme seul.

J’ai une cuisine ultra équipée assortie à mon carrelage que j’utilise une fois par semaine : je préfère m’empiffrer chez les amis.

J’ai une salle de bain plus élégante que mon salon que je visite 15 minutes par jour.

J’ai un lit King size pour mon plus grand bonheur solitaire.

J’ai vingt paires de chaussures, et pourtant je chausse toujours la même.

J’ai le dressing d’Antonio Banderas et de Sean Connery réunis.

J’ai une terrasse avec vue, j’y prends royalement le thé 4 ou 5 fois l’an.

J’ai une voiture décapotable digne d’un James Bond, que je sors 1 ou 2 week-ends au printemps ou l’été je ne sais plus.

J’ai une jument de 1 600 cm3, que j’embraye dès que je peux.

J’ai une télé XXXL crâneuse qui trône en silence dans mon salon.

J’ai un Iphone, l’outil par excellence de connexion qui me déconnecte de l’essentiel.

J’ai un serveur connecté à ma Free Box où je stocke à l’oubli mes téra de photos.

J’ai aussi un MacBook Pro, un iMac 27 pouces, un Ipad, une part du mythe de la Silicone Valley : les technologies au goût de sang.

J’en veux toujours plus, j’ai toujours faim de plus et jamais rassasié.

Merci mon striatum*.

Et vous, vous avez encore faim? ou juste faim?

* Striatum : En neuroanatomie, le striatum (ou neostriatum) est une structure nerveuse subcorticale (sous le cortex) paire, centre de la motivation alimentaire ou sexuelle qui pousse à en vouloir toujours plus avec l’aide de la dopamine. 

Ouvrage – ”Le bug humain” de Sébastien Bohler

Articlehttps://start.lesechos.fr/societe/environnement/le-cerveau-de-lhomme-serait-parametre-pour-ne-pas-etre-ecolo-1175331

J comme Janvier, J comme Justesse

– By Cathy BOU –

Rendez-vous le jour de Noël, Place de la République. Plusieurs associations ont décidé de faire une grande maraude, et je viens, comme souvent, avec Kheira, Bty, Patrick, Elias, Rachid, Hakim et Tahira.

J’y suis déjà, quand la nouvelle arrive, bonnets moutarde, écharpe, mitaines assortis,. Elle observe de loin, je la regarde droit dans les yeux, elle ne me calcule pas, encore une snob qui vient s’acheter une conscience, un jour de maraude.

Moi, je suis cabossé, j’en ai tellement fait avec Kheira, toujours fidèle, même si parfois je dois écourter et oui, des impératifs, on en a tous !

Y a Elias, celui-là il en a essuyé des galères, pire que le sopalin de la cuisine de notre moutarde. Il a même connu la rue avec comme adresse de domiciliation le CCAS, lui aussi il est abimé, maintenant il est chef d’entreprise, une auto-école, la classe…

Tiens voilà notre Pamela qui fait la manche, toujours la pointe d’humour au bon moment, Hachim ou Francis Lalanne, une perle au grand cœur, sous les regards vigilants et justes de notre photographe Nour et de notre vidéaste Makanfing.

Et là c’est Tahira, elle donne les consignes, nous voilà toutes et tous au garde à vous, elle en impose du respect, elle est volubile, un tantinet exubérante mais attachante on pourrait dire. Elle virevolte – comme dirait Nour aux commandes – autour de nous, généreuse de son temps, de son esprit, distribue les sacs bleus d’Ikea bien pratiques. Chacun prend sa part. La photo de famille et nous voilà partis pour la gare d’Austerlitz.  

Avec précision, chaque bénéficiaire ne prend que ce dont il a besoin, avec élégance et politesse, “non merci, juste un sucre, juste le savon, non merci je n’ai pas besoin du déo, non juste ce bonnet, le pull est trop petit, gardez-le pour un autre.” Et cet ami qui nous offre une boîte de chocolats et de la mousse à raser en échange de notre colis de Noël.

Une justesse si pure, si forte, si étonnante, si inhabituelle; nous, les visibles, on amasse, on entasse, on garde, une robe noire et puis une autre noire aussi, mais elle n’a pas la même forme, voyons! 

Un joli sapin de Noël devant la Queshua rappelle la date, décoré avec goût, sous la bonne garde du petit chien. 

Le poste de police, c’est perpet pour Bty qui reviendra avec les thermos emplis d’eau chaude et le sourire accroché aux oreilles, les yeux lumineux de cette trouvaille incongrue.

Une maraude de 5 heures, vidé mais heureux, j’en ai plein les pneus ! La main de Kheira n’a pas lâché ma poignée avec amour, c’était bien, avec entrain et précision.

Rendez-vous le dimanche 10 janvier Gare de Lyon, la maraude commence par les présentations de ces demoiselles encore lycéennes, Léa en tête : elle a organisé la collecte des kits d’hygiène, juste la bonne initiative, et la petiote de l’asso Juliette au large sourire, généreuses les filles !

ça caille, la nouvelle de la dernière fois est revenue avec un bonnet et une écharpe bleus cette fois ! Des gants bariolés assortis aux chaussures qui font penser à Elmer, une vraie bobo celle là et bien sûr elle ne me calcule toujours pas, pas un regard pas même en coin, pourtant elle a ramené mon frère.

Je ne me froisse pas, je reste droit dans ma carcasse, tant que Kheira ne m’oublie pas au coin de la rue, tout va bien.

Revenons à notre aventure du jour, les anciens Elias, Mehdi, Pamela, Hachim, Kheira, Mouna et bien sûr Tahira montrent avec justesse la voie aux jeunettes et à la nouvelle aux chaussures d’Elmer l’éléphant.

Le bon ton, la bonne approche, pas trop près, avec gentillesse mais pas de pitié, offrir un café, un thé avec ou sans sucre, un cadeau, un kit d’hygiène, des bonbons et savoir garder intacte la dignité de notre bénéficiaire.

Mon frère propose de l’eau chaude pour le thé et le café, posé au milieu de la place, le groupe attend la venue des amis, invisibles à l’œil nu, ils arrivent toujours seuls ou à deux, hésitants, discrets tant est si bien qu’ils sont fondus et perdus dans la foule. 

Et puis, mon frère m’a raconté, j’ai du partir à 13h45 Kheira avait un rendez vous à 14h00, le pote de Marco a saccagé le moral de la jeune troupe avec ses insultes, ses vociférations, il avait faim et nous n’avions que des bonbons, du chocolat et du déo; ça, ça l’a rendu agressif, on peut le comprendre, vaudrait mieux, à midi, porter à manger bien solide ou chaud de la soupe, des sandwichs, ce sera pour la prochaine fois et je serai ravi de sentir la baguette fraîche.

Une maraude de 4 heures, vidé mais heureux, mon frère en a plein les pneus ! La main de Cathy n’a pas lâché sa poignée avec amour, c’était bien, avec entrain et précision.

Alors qui suis-je ?

J comme Janvier, J comme Joie

– By Nour KHALFAT –

4 °C, quartier de la Défense. Une belle soirée d’hiver en très bonne compagnie. Un bar panoramique avec une vue époustouflante sur Paris. La séance photographique virevoltante et colorée se poursuit une bonne partie de la soirée au milieu des grattes ciels. Attablés à la terrasse chauffée, nous refaisons le monde, nous nous jurons de changer ce monde. Nous sommes convaincus de nos dires. 

Je chevauche ma K1600 pour déposer Madame à Saint Ouen, le froid est prenant. Je fonce sur la Porte de Saint-Ouen pour récupérer le périphérique.  Des ombres se meuvent sous le pont. Le camp des Afghans m’apparaît. Ils sont deux cents entassés de part et d’autre de la rue sous des Queshua. Je m’arrête au bout de la rue, je me gare.

Le camp semble vidé des ses habitants. je dégaine mon appareil et je filme. Un petit chemin traverse le camp pour laisser les passants gagner le métro. Je filme, je filme, je marche, je filme. Des têtes sortent des tentes, je continue en ligne.

Je devine un attroupement au bout du camp. Le ton semble monter, des cris…des Afghans viennent à ma rencontre. 

  • “Are you a journalist?”
  • “No, just a citizen, I take photos and films to show your situation”
  • “Come on, come on”

Ils me pressent. Je les filme en courant. J’appréhende la situation, les voix sont de plus en plus fortes et de plus en plus agressives. Une dispute ? une rixe ?

Un lampadaire embrase la scène, je suis l’attroupement très énervé de jeunes Afghans. Ils offrent à mon entrée fracassante la vue d’une patrouille de police insultant avec aisance ces réfugiés. Caméra au poing, je vise le policier à la calvitie ambitieuse agrippant les jeunes agités. Je me souviens des aventures de Pavel, le réfugié politique Cubain

Gênés, ils adoptent la posture emblématique.

  • “Monsieur, la caméra ! ”
  • “Je suis journaliste !” la caméra tourne…
  • “Ils ont allumé un feu pour se réchauffer. C’est interdit.” 
  • “Cela justifie t-il de les insulter et de les bousculer comme ça ?” la caméra tourne…

Je réalise que les uns ne parlent pas l’anglais et les autres le français. Fort de mon franglais et de mes années de négo avec les labo de Big Pharma, j’endosse ma cape de médiateur. D’un revers, je ramasse la première bataille. 

De ma tour, je pose une attaque verbale blitz couronnée d’un coup chevaleresque et foudroyant… Échec et mat.

Abandonnés, malmenés, isolés, les policiers sont débordés, livrés à eux mêmes, comme ces réfugiés. Deux mondes s’opposent et se rapprochent : l’un fuyant une guerre banale et l’autre, sa journée banale. 

Tous se retrouvent à 1h du matin, singlés, sous un pont balayé par des rafales de vent. Autour d’un café chaud, les uns content leurs périples, leurs voyages, leurs vies passées dans un pays ravagé. Les autres découvrent des hommes mordants pour leurs survies, leurs vies. En fond, se jouent les musiques des pays. Une trêve, une réconciliation éphémère, et sous la collusion de Johnny Hallyday et d’un groupe folklorique au nom imprononçable, la foule se met à virevolter, sous la visée de mon objectif.

Une liesse de compréhension réciproque envahit tout ce petit monde. Le sentiment d’avoir atténué certains démons, certaines peurs, certaines frustrations …celui d’être orphelin de son pays ou de sa mission. Cette impression s’efface sous les pas de danse chaloupés ici et là, des applaudissements là-bas, une scène surréaliste…

Une guerre battue par la joie.

D comme Décembre, D comme Don

– By Cathy BOU – 

Le don de soi, le don d’ubiquité, le don aux autres.

Il y a ce don dans le gobelet, qui clique au passage dans tes oreilles et puis le don qui ressemble à un talent.

Quand tu donnes, tu offres le meilleur de toi.

Ouvre les yeux, ouvre ton cœur. 

Dans ce froid hivernal, fais-lui du bien. N’hésite pas à enlever ton gant, mets la main dans la poche et sors cette pièce de sa cachette pour la poser avec compassion dans la sébile. Mais ce n’est pas suffisant, je sais, ton cœur saigne de cette impuissance. Est ce qu’un euro tout au plus, l’aiderait ?

Non, assurément, non.

Pose ton regard sur elle, sur lui, dis moi que vois-tu ? 

Au-delà de l’apparence, que ressens-tu ?

Oui je la vois dans tes yeux, la peur !

La peur qu’un jour, ce ne soit toi, là, assis-e, le froid dans les os, sale en guenilles après avoir tout perdu, même la mémoire de toi !

Alors oui donnes! mais pas ces menues pièces, donnes de ton temps, de tes pâtes, de ton bain ! Penses-y et n’oublies pas que tu peux être cette main tendue, fraternelle, emplie de sororité aussi.

Donne lui comme tu te donnes pour ne pas tomber.

Penses à cette maraude, samedi soir, souviens-toi de cliquer sur “don” à ta prochaine visite sur le site ou encore tiens toi prêt pour collecter les denrées au supermarché.

Parce que tendre la main, c’est aussi un don.

Selon France Générosités en 2019 : 

  • 110 associations et fondations membres faisant appel à la générosité du public
  • 6,6 milliards d’euros de ressources annuelles en 2018 dont :
    • 3,1 milliards de financements privés (46 %) : produits de la générosité du public, concours privés et produits divers
    • 3,6 milliards de ressources publiques (54 %) : subventions, concours publics majoritairement à caractère obligatoire comme les prix de journée
  • 665 millions de libéralités
  • 85 000 salariés  (75 % en France, 25 % à l’étranger)

La majorité des membres de France générosités dépendant à plus de 80 % des ressources privées dans leur modèle économique.

D comme Décembre, D comme Dormir

– By Nour KHALFAT –

9h du mat, les yeux collés par la fatigue, le corps meurtri par le froid, les vêtements trempés et boueux, raidi par les courbatures, mon premier réflexe est de me jeter sous la douche italienne bien chaude aux jets balnéos. Mes pieds s’agrippent au caillebotis en teck, savamment posé sur le carrelage, en souvenir de  ma côte brisée. Face au miroir, en tenue d’Adam au profil brioché, je m’auto-congratule et vérifie ma calvitie bien probante. Les serviettes méticuleusement posées sur l’échelle en bambou, attendent ma sortie. 


J’enfile mon peignoir blanc épais, mes charentaises quadrillées écossaises, pour enfin glisser sur mon canapé pour une partie d’échecs sur un fond jazzy.
Quand vient enfin le moment de glisser sous ma couette embaumée au savon de marseille. Elle me semble désormais si douce. Je ne m’en étais jamais aperçu. Le coussin carré s’enfonce sous la lourdeur de ma tête. La température ambiante est tropicale, il fait humide sans aucune pluie dehors. 


Je savoure de longues minutes ce confort si habituel. 
Nour-mal me direz-vous ? Pas pour tout le monde.


Dormir dans mon lit, c’est bien la meilleure sensation que je connaisse, avec celle de mes pieds posés sur le tapis nuancé de gris. 


En toute confidence, en hiver,  je flâne des heures sous ma couette, le plaid sur le bord du lit pesant chaudement sur mes pieds et mes mollets. Sentir la chaleur de mon corps blotti, je kiffe, et une sensation douce de plénitude m’envahit. Un cocon, une posture placentaire…


Nour dormons un tiers de notre temps. Nour dormons tous les jours. Nour dormons chez nos amis. Nour dormons à l’hôtel. Nour dormons dans le bus. Nour dormons dans le métro. Nour dormons dans l’avion. Nour-mal non ?
Et eux, dehors ?

Selon l’INSEE

“Début 2012, 103 000 adultes ont utilisé au moins une fois les services d’hébergement ou de restauration dans les agglomérations de 20 000 habitants ou plus. Parmi ces personnes, 81 000 adultes étaient sans domicile ; ils étaient accompagnés de 30 000 enfants. Plus de la moitié de ces adultes étaient de nationalité étrangère. En incluant les 8 000 sans-domicile des communes rurales et des petites agglomérations et les 22 500 personnes en centres d’accueil pour demandeurs d’asile, 141 500 personnes étaient sans domicile en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50% depuis 2001.”

N comme Novembre, N comme Nourrir

– By Sabrina Meghaoui – 

D’après une légende amérindienne, nous avons tous deux loups cachés en nous. Une bataille se livre en permanence à l’intérieur sans que nous en ayons forcément conscience. 

Les Deux Loups 

Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit : 

  • Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal: C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’égo.

L’autre est le Bien: C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

  • Lequel des deux loups gagne ? 

Le vieux Cherokee répondit: 

  • Celui que tu nourris. 

“Sagesse amérindienne” 

La vie nous donne faim de nourriture, d’amour, de passion, de pardon, de partage, de savoir, de solidarité, de rire, de beauté, de douceur… 

Nous cherchons à assouvir nos faims, pour ne pas trouver la fin, quoiqu’il en coûte.

Comme cette femme que je croise tous les soirs sur le quai du tramway. 

Petite, elle est à mi-chemin entre le nanisme et la taille adulte. Dans son pays natal, elle n’a certainement pas eu la chance d’avoir un traitement d’hormones de croissance pour l’aider un peu. 

Faussement épaisse, ses couches de vêtements la couvrent du froid. De sa voix fluette et de ses grands yeux clairs qui lui mangent son visage pâle, elle quémande quelques pièces aux voyageurs qui ont cessé d’être. Assommés par l’habitude, très souvent, ils font le choix de ne pas voir,  de ne pas entendre, juste de passer pour éviter l’obstacle.

Face aux rejets, comme pour reprendre des forces, parfois elle ferme les yeux, fredonne un petit air et tourne timidement sur elle-même. 

Je la regarde et souris. Elle s’arrête, me voit, et s’approche à petits pas:

– Valse, valse, me dit-elle d’une voix frêle.

– Vous aimez danser ?

Elle me donne un silence mais son corps me répond s’éloignant en dansant.  

Elle laisse s’affamer son ego, sa dignité, sa colère, sa fierté, sa honte, sa tristesse et nourrit le loup du bien avec presque rien en boutique.

C’était quoi sa vie avant ça ? 

Elle s’est probablement résignée, les choses qui s’en vont ne reviennent pas.

L’idée de trouver la fin lui fait peur, alors elle s’accroche.

Si vous voulez l’aider un peu, lui accorder un regard, un sourire ou plus, vous la trouverez tous les soirs, sur le quai du tramway de la porte de Montreuil. Et si elle n’est pas là, c’est que parfois la nuit dans un coin de rues, elle valse sans bruit.

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :