N comme Novembre, N comme Nourrir

– By Sabrina Meghaoui – 

D’après une légende amérindienne, nous avons tous deux loups cachés en nous. Une bataille se livre en permanence à l’intérieur sans que nous en ayons forcément conscience. 

Les Deux Loups 

Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit : 

  • Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal: C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’égo.

L’autre est le Bien: C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

  • Lequel des deux loups gagne ? 

Le vieux Cherokee répondit: 

  • Celui que tu nourris. 

“Sagesse amérindienne” 

La vie nous donne faim de nourriture, d’amour, de passion, de pardon, de partage, de savoir, de solidarité, de rire, de beauté, de douceur… 

Nous cherchons à assouvir nos faims, pour ne pas trouver la fin, quoiqu’il en coûte.

Comme cette femme que je croise tous les soirs sur le quai du tramway. 

Petite, elle est à mi-chemin entre le nanisme et la taille adulte. Dans son pays natal, elle n’a certainement pas eu la chance d’avoir un traitement d’hormones de croissance pour l’aider un peu. 

Faussement épaisse, ses couches de vêtements la couvrent du froid. De sa voix fluette et de ses grands yeux clairs qui lui mangent son visage pâle, elle quémande quelques pièces aux voyageurs qui ont cessé d’être. Assommés par l’habitude, très souvent, ils font le choix de ne pas voir,  de ne pas entendre, juste de passer pour éviter l’obstacle.

Face aux rejets, comme pour reprendre des forces, parfois elle ferme les yeux, fredonne un petit air et tourne timidement sur elle-même. 

Je la regarde et souris. Elle s’arrête, me voit, et s’approche à petits pas:

– Valse, valse, me dit-elle d’une voix frêle.

– Vous aimez danser ?

Elle me donne un silence mais son corps me répond s’éloignant en dansant.  

Elle laisse s’affamer son ego, sa dignité, sa colère, sa fierté, sa honte, sa tristesse et nourrit le loup du bien avec presque rien en boutique.

C’était quoi sa vie avant ça ? 

Elle s’est probablement résignée, les choses qui s’en vont ne reviennent pas.

L’idée de trouver la fin lui fait peur, alors elle s’accroche.

Si vous voulez l’aider un peu, lui accorder un regard, un sourire ou plus, vous la trouverez tous les soirs, sur le quai du tramway de la porte de Montreuil. Et si elle n’est pas là, c’est que parfois la nuit dans un coin de rues, elle valse sans bruit.

2 commentaires sur « N comme Novembre, N comme Nourrir »

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