J comme Juillet, J comme Jabs

by Cathy Bou

Crochet, jab, crochet, jab, esquive, affronte, lutte, tombe, relève toi, tombe, relève toi encore, fauché, démuni, découragé, à l’aide, relève toi, aidez moi…

Lundi dernier, j’avais rendez vous avec un groupe d’entrepreneurs pour une petite soirée dans le 16eme j’étais pas en forme, trop de tout, marre de tout mais de si peu de choses. Mon raz le bol déborde et se voit.

Mardi, Jean laisse un message “t’avais pas l’air en forme hier ! ça te dit un café demain ?” Jab, je suis touchée en plein cœur, je m’y rends.

3 heures en terrasse très sympa à discuter de tout mais aussi de ce rien, de ce vide, de ce gouffre, de ces sables mouvants qui s’enfoncent au fur et à mesure que j’avance dans la découverte de sa vie, une descente aux enfers. Et je suis là à côté sur la terre ferme avec mon raz le bol qui déborde de petits riens à côté de ce grand tout.

Jean boxe tous les jours après avoir supervisé son chantier. Depuis deux ans, il s’accroche quand il raccroche les gants. La vie lui envoie des uppercuttes d’une violence inouïe. Ses entraînements et ses combats ne sont pas aussi tueurs que cette vie-là. Pourtant il s’effondre, le genou se déchire lors d’un entraînement, c’est l’opération. Lui qui se croyait en remontée à la surface, se retrouve terrassé.

Il a connu le confort d’un logement cossu, il a connu l’inconfort de dormir sur le bitume de son chantier, son chien pour seul compagnon.

Il a connu à nouveau le confort, le luxe même, des amis lui ont offert le toit quelques mois et puis le jab « ce petit coup direct, sorte de coup de poing où le lutteur frappe son adversaire rapidement d’une courte distance », ils vendent ! Il doit donc partir, trouver un autre toit d’ici la fin août.

Jean a l’air sympa, plutôt beau gosse, il cache son visage avec une belle barbe soignée, il est athlétique un mètre quatre vingt cinq, comme il dit, mais à la merci de la vie.

Deux ans que l’enfer le côtoie, un enfer pavé de bonnes intentions…

Dans sa sphère proche, il s’est fait escroquer, une bonne grosse dette sur les bras, il perd sa petite amie par trahison et beaucoup d’argent qu’il n’a pas. L’enfer est là, les braises commencent. Il s’accroche à ses gants, son chien mais la vague est déferlante. Le chantier ça va mais il gère comme il peut, ça croule et puis rebelote la trahison. Un autre jab. 

Enfin il pense que c’est la remontée, il croise cette jeune femme, il s’attache, elle vient, elle repart sans raison et revient ou offre le silence. Il déchire son greffon en s’étirant un matin au réveil et c’est à nouveau l’opération qui pointe.

Mais ce vendredi là, tout lui semble insurmontable: il s’écroule dans les bras d’une connaissance en larmes, aidez-moi, je ne sais plus quoi faire.

Et je te dirai, Jean, comme dirait Reed Cathy

“Les échecs servent de répétitions au succès”

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